L'in-quiétude du coeur


gif de Céline Blummys



Pourquoi me laisses-tu ainsi pleurer


Sans rien me dire, sans même me chercher ?


T’ai-je tant blessé que tu te tais et


Que tu me fuis pour ne plus nous penser ?


 


Quelques feuilles rousses s’amassent sous mes pieds


Le vent d’automne frappe les eaux dormantes et vertes ;


Le temps reste accroché aux branches de l’obier,


Lente durée en lambeaux qui court à sa perte.


 


Ai-je eut tort de ne pas être celle que je suis, 


D’avoir les yeux d’une couleur indéfinie 


Pour que tu gardes de moi, comme un rubis,


Ces mots qui rendaient nos joues toutes rougies ?


 


Quelques feuilles rousses s’amassent sous mes pieds


Le vent d’automne frappe les eaux dormantes et vertes ;


Le temps reste accroché aux branches de l’obier,


Lente durée en lambeaux qui court à sa perte.


 


Faut-il dans le silence s’enfermer ?


Dois-je faire semblant d’être gaie ?


Puis-je oublier tous les mois écoulés ?


Dois-je marcher seule dans les sentiers ?


 


Quelques feuilles rousses s’amassent sous mes pieds


Le vent d’automne frappe les eaux dormantes et vertes ;


Le temps reste accroché aux branches de l’obier,


Lente durée en lambeaux qui court à sa perte.

Au bout de la nuit

le 12/10/2006 à 23h19



Au bout de la nuit

 

Sur la lune timide et blême danse un voile.

Mes yeux rougis et fatigués par les sanglots

Ne s’ouvrent déjà plus aux éclats des étoiles.

Je vacille comme la flamme d’un falot

 

Qu’un vent de tempête giflerait sans pitié.

Quelque part, au bout de la nuit, un cri s’élève.

Est-ce une bête agonisante ou un nouveau-né ?

Peut-être n’est-ce que moi au milieu de mon rêve !

 

Plus rien n’est réel, ni les formes, ni leurs ombres.

Ta silhouette floue envahit ma vision.

Mes morts marchent à tes côtés et en grand nombre.

Leurs mains froides et maigres cherchent ma raison ?

 

A nouveau, au loin, résonne ce cri d’effroi.

Des réverbères aux rayons ocre s’alignent

Au milieu de nulle part pour un chemin de croix

Dont je suis l’unique fidèle qui se signe.

 

Au devant du cortège, tes doux cheveux d’or

Volent au vent glacial. Ta voix soudain m’appelle.

Le voile de brume descend, je ne vois pas ton corps.

Ce cri terrifiant encore une fois m’ensorcelle.

 

Un tambour, je ne sais où, scande cette marche.

Sont-ce les aiguilles de l’horloge ou bien mon cœur ?

Soudain, tout se tait et la lune bleue se cache.

Tu n’es pas là ! Je suis seule avec ma douleur.

 

Sur la lune timide et blême danse un voile;

Du ciel impuissant se sont enfuies les étoiles.

Tout devient réel. Ce n’était donc pas un rêve,

Cette vision funeste où je marche sans trêve.

 

Mes yeux las sont ouverts malgré les sanglots.

Je vacille et me laisse envahir par leurs flots.

Le vent a suspendu son souffle dans la nuit.

Sans toi, je suis perdue ; sans toi, l'agonie.

 

©Sadness©
  12-10-06

regrets et prise de conscience

le 10/10/2006 à 09h20



Mon frère me dit toujours cette phrase banale :

 

Il vaut mieux avoir des remords que des regrets.

 

Combien elle me dérange aujourd’hui, cette petite phrase que je lui ai tant reprochée. Je luis disais qu’il jouait au philosophe sans savoir de quoi il parlait.

C’est dans ces jours de séparation que j’y prête attention. Je profite de son absence pour accomplir une sorte de retraite. Bien plus que de psy et de coach, c’est de moi que j’ai besoin.
J’en suis donc arrivée au fait que j’ai une infinité de regrets en ce qui concerne mon amour et une infinité de remords pour ce que j’ai fait de moi.


Le remord vient sournoisement, après une action volontaire et portant à nuire. Je hais ce sentiment. Il me montre combien je suis morte un jour de fin d’été. Pas une mort accidentelle mais un long et lent suicide.
C’est constater une attitude dans une situation et savoir pertinemment qu’on est l’inverse.
Le remord est ce Jimini Cricket qui taraude la nuit. Le remord, c’est la conscience qui parle, hurle à vous rendre peut-être fou.

Je n’ai des remords que pour ce que j’ai fait de moi. Les regrets, eux, envahissent le ‘nous’ que nous avons formé pendant deux ans.

Les regrets sont tous ces actes manqués, les sourires enfouis, les attitudes spontanées ligotées. Ce sont les non-faits, les non-dits et les non-être.  Le regret ne découle jamais que d’une inaction, une inertie, un carcan imposé, une négation de ce que l’on est face à l’autre.

Une semaine et j’ai une infinité de regrets. Je sais aujourd’hui comme hier, tout ce que j’aurais fait si j’avais été moi-même.
Il y aurait eu une bouteille de vin et des tartines sur un plaid. Nous aurions couru dans les feuilles rousses. Et je t’aurais donné mille baisers. Nous aurions dressé le camp des grands chefs indiens et nous aurions ri. Mais surtout je t’aurais parlé de la saison des fruits, des heures équilibres et des placards. Trop tard, je ne l’ai pas fait !

 

Et tout revoir…………… puis composer un numéro de téléphone : diese Nummer kann keinen Aufruf im Augenblick erhalten…………. et enfin se rendre compte de la réalité.



Faut-il écrire les cris du cœur ou suffit-il de les entendre s’écraser à l’intérieur de soi ? A qui profite la douleur sinon à celui qui souffre ? J’avais oublié de l’écouter me dire la vérité. Elle n’a jamais arrêté de m’avertir. Moi, je la bâillonnais au nom de l’amour. Ce sont tes larmes qui m’ont sortie du gouffre où je dormais. Tu es venu avec dans les yeux un miroir magique.



Tu l’as dressé face à moi. Il est resté intact et j’ai volé en éclat. Beaucoup d’énergie est nécessaire à la reconstruction. Et il m’est maintenant évident que se démolir prend quelques instants. Comme sont ardues les ascensions des grands sommets, les descentes aux enfers ont de faux airs de secours.



Tu me manques, ai-je le droit de le dire ? Une semaine, huit jours et huit nuits pour être seuls avec soi-même ! Une nécessité, un bienfait, une mer entre deux cœur, peut-être une retraite. A bout de souffle, voilà comme nous nous retrouvons. Nous avons été emporté dans une étrange valse.

Il suffisait de presque rien pour que tu partes et que je m’effondre. Tous les ‘au revoir’ ne sont pas bons, certains tournent en adieu si l’on tait l’essentiel.

Le bonheur n’est possible que dans la vérité de soi.

Nous étions deux, coincés dans des amabilités et des précautions. Quand on aime, on peut tout se dire. Quand on aime, on  peut tout entendre.

Cet après-midi, je suis allée m’asseoir là où tu sais. J’avais avec moi ton cadeau. Je l’ai ouvert, je l’ai regardé et j’ai osé faire ce que je voulais. Le vent ne me gênait pas ; j’avais fait tout ce que j’aurais dû accomplir pour un rendez-vous. J’ai été cherché celle qui sommeillait.


Pas plus que toi, je ne sais où je vais. Je suis convaincue que c’est le bon endroit pour la bonne vie. Si tu es encore au bout de la route, alors il y aura un déjeuner dans l’herbe. J’apporterai le vin et toi le dessert. Qu’importe le plat principal s’il est fait de nous et de ce que nous aimons partager. Après, nous resterons un peu main dans la main. Le prochain, mon amour, je le voudrais près de la tourbière, juste après le chemin des champignons….

 

Tout est si bien imprimé dans ma mémoire : tes allures de poète aussi bien que mes silences.
Il n’y a qu’une seule chose qu’une première fois ne peut changer : l’amour que l’on porte en soi.
Je donnerais mon âme pour refaire le chemin à l’envers. Sais-tu combien il est dur de savoir ce qui est juste et ne pouvoir l’exprimer. Sais-tu combien elle griffe la nature emprisonnée ? 

Il est venu le temps de détricoter l’armure, d’essarter les chemins de ronces et d’aller vers les chemins de lunes bleues.



 

MARGOD

days after the Day

le 04/10/2006 à 08h26





Je voulais devenir n'importe qui.
Je voulais me fondre dans la foule.
Je ne voulais plus être moi.
J'y suis parvenue.
J'aimais la poésie,
La mer et sa houle.
Un jour, j'ai même eu la foi.
De tout ça, rien n'est plus.
J'aimais marcher dans les bois,
Je décrochais les étoiles
avec des serpes de songes.
Le ciel était une voile
et l'océan une éponge.
Le monde est devenu
Un grand effaceur fou.
 avec toutes licences
de tuer mon être
jusqu'au bout.
Il restait les "peut-être
D'être à nouveau soi.

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