L'in-quiétude du coeur

Charles Baudelaire

le 04/11/2006 à 23h17

Je te donne ces vers...

Je te donne ces vers afin que si mon nom
Aborde heureusement aux époques lointaines,
Et fait rêver un soir les cervelles humaines,
Vaisseau favorisé par un grand aquilon,

Ta mémoire, pareille aux fables incertaines,
Fatigue le lecteur ainsi qu'un tympanon,
Et par un fraternel et mystique chaînon
Reste comme pendue à mes rimes hautaines ;

Etre maudit à qui, de l'abîme profond
Jusqu'au plus haut du ciel, rien, hors moi, ne répond !
- Ô toi qui, comme une ombre à la trace éphémère,

Foules d'un pied léger et d'un regard serein
Les stupides mortels qui t'ont jugée amère,
Statue aux yeux de jais, grand ange au front d'airain !

Charles Baudelaire

Bizarre émotion

le 29/10/2006 à 15h09
Photo de Jean Paul Nacivet


Addicted to you

L'étrangère

le 25/10/2006 à 16h39


Une étrangère s’est installée un jour dans ma vie sans invitation. Depuis, elle est toujours là. Elle reste silencieuse, me suit dans mes moindres faits et gestes. D’elle, je n’entrevois jamais que les contours. Elle me dérange mais s’impose. Quand je lui adresse la parole, elle esquive toujours. D’où est-elle venue ? L’ai-je appelée sans le savoir ? Lui ai-je donné naissance ? Pourquoi me talonne-t-elle où que j’aille ? Parfois, il m’est venu en tête qu’on ne m’avait peut-être pas dit que j’avais une sœur jumelle. Mais on ne m’a jamais menti.

Alors qui est-elle cette étrangère, cette cohabitante muette ?




Elle lit quand je lis, elle mange quand je mange, elle veille quand j’ai des insomnie. Dort-elle parfois ? Que fait-elle quand moi je dors ? C’est une étrange sensation que de partager ses jours avec quelqu’un d’aussi taciturne et qui pourtant a toujours l’air de vous juger. J’attends impatiemment le jour où elle s’en ira. Je sais qu’elle partira. Je le sens. L’étrangère, que je connais depuis plus d’un an maintenant, me donne quelques fois des pincements au cœur. Que ferai-je des espaces qu’elle laissera ? C’est rassurant de savoir quelqu’un si proche qu’on n’est jamais vraiment seul.  C'est  tellement normal d'avoir une ombre. 

Ces derniers temps, on dirait qu’elle est différente. Elle a des absences. Alors je respire, je souris. Je retrouve ma vie d’avant. Un jour, elle sera absente à jamais et je serai à nouveau libre.

L'étrangère, mon  ombre quand j' ai le soleil dans le dos. Quand l’étrangère disparaîtra, je vivrai en pleine lumière! 

l'acide de la nuit

le 21/10/2006 à 01h32

Une étoile écarlate explose dans le bleu de la nuit. Le passé était  une bombe à retardement. Mille poussières éclatées se pulvérisent sous mes yeux fermés. Où est l’assassin du bonheur  dans ce chaos ? Des morts d’amour, en veux-tu en voilà, giclent de partout. Pouvoir mourir encore un peu ne paraît plus un luxe. Ce corps recroquevillé est le mien. Et le froid des heures éteintes m’envahit. La vie bat encore. Les tripes en prennent plein la gueule. L’insomnie est de retour. Comme les désespérés, j’arpente l’obscurité en tous sens. Je me cherche, ne me trouve pas vraiment. Je ne connais pas cette étrangère. Je te cherche, ne te reconnaît pas vraiment. Il faut suivre la vague, celle qui rejette les algues mortes sur la rive. Que veulent dire ces mots que j’écris ? Est-ce mon sang ce sang à l’intérieur de la paume de ma main ? Dites-moi où je suis arrivée ? Le pays des lunes bleues est hostile. Je sais qu’il est mien mais ne m’y sens plus à mon aise. Ce sont les lumières manquantes  que je veux retrouver. J’ai le souvenir de leur existence. Les trouverai-je ? Dans le fond de la gorge remonte l'acide de la mémoire. L'estomac est décapé; demain ira mieux. La lune s'en ira balancer ses éclairs d'acier dans un autre univers, loin du mien. Elle reviendra mais je la reconnaîtrai. Je n'aurai plus peur.

RETOUR

Je peux user des mots pour reconstruire de nouvelles fondations. Je peux tout avec les mots. Mais je peux tout avec tout. Peut-être  n'est-ce vraiment qu'une question de volonté. Le trouble ne vient que s'il est invité. Ce soir, nous avions rendez-vous, lui et moi. Nous sommes toujours en présence l'un de l'autre. Il me toise, je soutiens son défi.

Il ne me tiendra pas compagnie jusqu'au matin car je lui donne congé. Il est comme les assassins, tenace et intraitable. Il poursuit son but: me maintenir sous son emprise. Je le dénigre. Il ne veut rien entendre. Il ne m'écoute pas et moi je lui prête trop d'attention.

Les mots me jettent à la figure leur message. Je n'y comprends rien. Je ne veux pas comprendre. J'ai déjà compris une fois. Je ne suis pas abrutie. Je sais ce que j'ai à faire. Pourquoi cette instance alors? Parce que le couteau a rouvert toutes les plaies. Les mots, ce soir, sont mes ennemis.

Alors je rejoins la communauté de l'anneau........

©Sadness©

L'inconnued'un portrait

le 16/10/2006 à 17h34

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