Tout ce que je suis est un grain de poussière pour l'univers. Lorsque je porte mon regard à l'intérieur de ce moi qui est mien, il y a tout un univers. C'est immensément grand, abrupt, rugueux. Chaque coup est un volcan endormi. Chaque cicatrice, un chemin lézardé. Les joies sont jardins fleuris au nutriment de la lave. Invisible à vos yeux, la carte routière de mon introspection est maculée de sentes, de culs-de-sac, d'escarpements, de longues pentes. Le sang de mes veines sont mes rivières où naviguent mes démons. A moi seule perceptibles, toutes ces contrées chavirent entre l'aride et l'humide climat des forêts amazoniennes. Pas de balance pour équilibrer les états. Pas de frontières marquant les limites. En totale instabilité, j'erre dans ce pays-là et quelques fois m'y complait.
Tout ce que je suis n'est important que pour peu de gens. Si peu de gens en fait. Soirée spleen......
Le soleil fanfaron force la brume
Et le jour viole mes paupières.
Le lit vide a gardé nos empreintes,
Silhouettes imprimées dans les draps.
Hier n’est déjà plus
Tandis qu'aujourd’hui n’est point encore.
Construisons, construisons-le mon amour !
Architecture complexe que celle d’une union :
Vivre à deux a plus d’angles
Qu’une chambre à coucher !
Des murs s’élèvent, des murs de silences,
Des murs de pudeur et d’autres de fierté.
Tenons secrètes, tout au long du jour,
Les aventures diurnes
Et à la nuit naissante,
Parlons, parlons mon amour.
Abattons toutes ces cloisons,
Livrons les cœurs et les corps
Lions les mains et les cheveux,
Que sagement nous désunirons
A l’aube revenue.
Arwen Gernak
Le vert écrin des songes
11-06-07

Elle est souvent triste et manque de courage. La vie pourtant n'arrête pas sa course pour ses petits maux. Elle cherche Kali désespérément, là en ce moment. Elle en a besoin et il ne reviendra qu'à la tombée du jour. Elle voudrait qu'il comprenne qu'elle est ainsi faite: ses pas n'ont pas d'assurance; elle chancèle même quad il n'y a pas de vent. Aurait-elle besoin d'un tuteur comme ces fleurs fragiles? Tout se passe dans sa tête lui dit-on. Alors coupe-lui la tête, Kali. Coupe-lui la tête.
Sans tête, elle n'aurait plus ce tourbillon qui n'a de sujet qu'elle-même. Sans tête, elle suivrait le mouvement sans ressenti. Plus rien ne serait difficile. Plus rien ne serait à décider.
Mais Kali ne lui coupera jamais la tête. Kali lui bottera plutôt les fesses. Kali veut qu'elle retrouve une vie où l'angoisse est étrangère. Kali ne s'appitoie pas sur son sort. Kali ne vient pas vers elle pour lui donner un bisou après sa journée. Et il a raison. Il mérite pleinement qu'on se lève pour lui.
Elle est souvent triste et manque de courage. Elle chancèle tout au long de sa vie. Elle ne s'aime pas, elle n'a aucune confiance en elle. Elle voudrait tant qu'on lui coupe la tête. Oh oui, coupez-lui la tête pour qu'elle ne puisse plus jamais penser!