L'in-quiétude du coeur

All that I am

le 04/01/2008 à 21h54



Tout ce que je suis est un grain de poussière pour l'univers. Lorsque je porte mon regard à l'intérieur de ce moi qui est mien, il y a tout un univers. C'est immensément grand, abrupt, rugueux. Chaque coup est un volcan endormi. Chaque cicatrice, un chemin lézardé. Les joies sont jardins fleuris au nutriment de la lave. Invisible à vos yeux, la carte routière de mon introspection est maculée de sentes, de culs-de-sac, d'escarpements, de longues pentes. Le sang de mes veines sont mes rivières où naviguent mes démons. A moi seule perceptibles, toutes ces contrées chavirent entre l'aride et l'humide climat des forêts amazoniennes. Pas de balance pour équilibrer les états. Pas de frontières marquant les limites. En totale instabilité, j'erre dans ce pays-là et quelques fois m'y complait.


Tout ce que je suis n'est important que pour peu de gens. Si peu de gens en fait. Soirée spleen......

Architecture

le 11/06/2007 à 07h59

Le soleil fanfaron force la brume

Et le jour viole mes paupières.

Le lit vide a gardé nos empreintes,

Silhouettes imprimées dans les draps.

Hier n’est déjà plus

Tandis qu'aujourd’hui n’est point encore.

Construisons, construisons-le mon amour !

Architecture complexe que celle d’une union :

Vivre à deux a plus d’angles

Qu’une chambre à coucher !

Des murs s’élèvent, des murs de silences,

Des murs de pudeur et d’autres de fierté.

Tenons secrètes, tout au long du jour,

Les aventures diurnes

Et à la nuit naissante,

Parlons, parlons mon amour.

Abattons toutes ces cloisons,

Livrons les cœurs et les corps

Lions les mains et les cheveux,

Que sagement nous désunirons

A l’aube revenue.

 



Arwen Gernak

Le vert écrin des songes

11-06-07

Elle a du talent, mais lui aussi

le 30/05/2007 à 21h47



…..Arrivé à Managua il y a trois jours, l'Irlandais Frank Little supporte mal les nuits moites, le vacarme, les moustiques. D'autant qu'il n'est pas venu en touriste :

 

"La troisième nuit, quand l'obscurité revint, Frank Little se remit à avoir peur.

Peur des voleurs, de ces saletés d'insectes, de la nourriture empoisonnée, des fantômes. Peur d'être incapable de parler avec les gens du pays. Peur de passer pour un rigolo aux yeux des gars armés qui se tenaient au coin de la rue, à côté du Cine Dorado. Peur de la diarrhée, du rationnement d'eau et des scorpions. Peur du plan de la ville et de ne rien comprendre. Peur d'avoir une crise cardiaque. Peur parce qu'il était seul et plus tout jeune. Et surtout il avait peur de dormir. Si on pouvait appeler ça dormir. Quand la nuit dégoulinait sur Managua, l'obscurité semblait bourdonner, et la seule chose que Frank pouvait faire, c'était de s'allonger sur le lit étroit de sa pension, accablé de chaleur, entièrement nu, tartiné de crème anti-moustiques. Il avait l'impression d'être une volaille au four, rôtissant dans son jus, il priait, avalait de grandes lampées de gin tiède, respirant l'odeur de sa sueur, et il attendait que la lumière finisse par revenir pour rendre aux choses un aspect presque compréhensible.

Pendant trois nuits il avait transpiré dans sa petite chambre, implorant Dieu de lui laisser entendre le bruit de la pluie, de l'entendre éclabousser et fouetter le toit de tôle rouillée. Il avait essayé de lire les journaux, d'écrire des lettres. Il avait attendu que le soleil couleur de sang surgisse de la boue du lac Managua. C'est seulement à ce moment-là qu'il avait pu s'endormir. C'est quand sa chambre avait été illuminée de rose qu'il avait fermé les yeux et s'était abandonné aux cauchemars qui à coup sûr l'attendaient. Le quatrième jour, il s'était éveillé de bonne heure, dérangé par le vacarme insistant des perceuses, des marteaux, des pioches et des scies. Se réveiller à Managua, pensa-t-il, ce devait être la même chose que de se réveiller dans cette foutue arche de Noé. Il resta étendu sans bouger, écoutant le bruit des travaux et s'efforçant de garder son calme même s'il avait envie d'ouvrir la bouche et de hurler. Ces gens-là se levaient vraiment trop tôt. Pas moyen de leur faire confiance.

Il se leva, se lava rapidement et se rasa à l'eau froide et jaunâtre. Il enfila un short et une chemise de sport. La señora lui apporta du café dans le jardin. Il était noir et amer. Il fuma deux cigarettes et partit vers le centre-ville. Huit heures à peine, et la chaleur commençait déjà à monter. Il acheta un International Herald Tribune vieux d'une semaine et s'assit à la terrasse d'une des cantinas. Il sirota son Fanta orange en regardant les pierres de la Plazza Carlos Fonseca écrasée de soleil. Il haïssait cette ville, de ce genre de haine qu'on ne peut éprouver généralement qu'à l'égard d'un être humain. "....


Desperados( Extrait) - Joseph o’Connor


 

 

C’est un peu ainsi que j’aimerais écrire……et comme elle chanter.



Otez-moi la tête!

le 30/05/2007 à 11h57

Elle est souvent triste et manque de courage. La vie pourtant n'arrête pas sa course pour ses petits maux. Elle cherche Kali désespérément, là en ce moment. Elle en a besoin et il ne reviendra qu'à la tombée du jour. Elle voudrait qu'il comprenne qu'elle est ainsi faite: ses pas n'ont pas d'assurance; elle chancèle même quad il n'y a pas de vent. Aurait-elle besoin d'un tuteur comme ces fleurs fragiles? Tout se passe dans sa tête lui dit-on. Alors coupe-lui la tête, Kali. Coupe-lui la tête.


Sans tête, elle n'aurait plus ce tourbillon qui n'a de sujet qu'elle-même. Sans tête, elle suivrait le mouvement sans ressenti. Plus rien ne serait difficile. Plus rien ne serait à décider.


Mais Kali ne lui coupera jamais la tête. Kali lui bottera plutôt les fesses. Kali veut qu'elle retrouve une vie où l'angoisse est étrangère. Kali ne s'appitoie pas sur son sort. Kali ne vient pas vers elle pour lui donner un bisou après sa journée. Et il a raison. Il mérite pleinement qu'on se lève pour lui.


Elle est souvent triste et manque de courage. Elle chancèle tout au long de sa vie. Elle ne s'aime pas, elle n'a aucune confiance en elle. Elle voudrait tant qu'on lui coupe la tête. Oh oui, coupez-lui la tête pour qu'elle ne puisse plus jamais penser!

L'attente, ce long vers qui vous ronge les tripes et la patience, insinue parfois en vous un sentiment de peur qui finit par vous dominer. S'ajoute à cela, l'impuissance face à la maladie et l'incompréhension des comportements familiers. Il est manifeste que tous les membres d'une même famille n'ont pas le même mode réactif, par contre au bout de quelques jours, l'incertitude de l'attente atteint la résistance nerveuse de chacun d'eux. Je les vois tomber comme des mouches sur un même amas de bouse.


Il faut dire que j'étais bien placée pour les regarder dans leur chute, vu que je fus la première proche du merdier. La résistance physique est bonne, c'est à la guerre des nerfs que tous succombent. Alors de nous seconder tous, avec les éclaboussures de nos mouvements maladroits qui nous retombent le plus souvent dessus. J'ai toujours eu peur de la mort, autant de la mienne que celle d'un proche. Pourtant inévitable, elle attend là, muette, tranquille, le sourire des vainqueurs effleurant toujours ses lèvres blêmes.


La personne qui se débat contre le mal et même contre ceux qui lui donnent des soins, et contre nous qui l'aimons tant, essaie-t-elle de nous transmettre un message? Que se passe-t-il dans sa tête? Qui est-elle devenue depuis dimanche?


Est-ce elle, ma grand-mère? Un sourire me vient. Elle a toujours eu un sacré caractère. Je tente de comprendre pourquoi après toute une vie consacrée à son fils et à nous ces petits enfants, je tente de comprendre pourquoi elle a tout ceci à souffrir? On ne choisit rien quand on est au bout du chemin.


Encore une fois, je fuis. Toi, tu me soutiens, du mieux que tu le peux. Et je me laisse aller à tes mains fermes et à ton bon sens. J''écoute tes mots remplis de tendresse et je prends tes gestes comme un blessé pose des pansements sur ses blessures. Je ne suis plus seule dès que tu rentres. Tout me semble moins grave.


Malgré tout, je sais que la mort ne quitte pas son poste de guêt. Elle ne le quittera jamais. La portera-t-elle, cette petite femme ratatinée par les ans, MA grand-mère, vers celui qui l'aimait tant et qui nous laissa bien avant elle? Je le prie sachant qu'il ne demandra jamais pour sa femme que le meilleur. Dieu, que les lois de la vie sont dures et implaccables.



 


Cela permet de lâcher un peu la pression ce blog. Cinq jours que je fuis le fait d'écrire ces mots. Peut-être n'est-ce que le début de l'écoulement de la peur et de la douleur. Comme j'aurais tellement aimé écrire ici le printemps en fleurs et l'été qui approche. Pâques est là, à la porte. Pâques!


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